Depuis de nombreuses années déjà, on lit ou entend ici et là les mêmes récriminations sur les violations de vie privée de la part des géants du web, surtout Google et Facebook…

A chaque révision ou évolution des conditions d’utilisation que d’ailleurs peu de personnes prennent la peine ou le temps de lire, les articles déferlent sur le web pour nous annoncer l’apocalypse en agitant le drapeau du “big brother”, inspiré du roman “1984” de George Orwell. Et comme le précise d’ailleurs Wikipédia,

“L'expression « Big Brother » est utilisée pour qualifier toutes les institutions ou pratiques portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des populations ou des individus.”

Malgré tous ces chants bien accordés de condamnations qui sonnent comme des refrains chaque année, j’ai entrepris de faire une exploration du sujet pour comprendre pourquoi ce phénomène durait depuis bien des années.

Et cette exploration a été plus aisée avec la lecture d’un billet fort intéressant publié par Matt Cutts (un ancien de Google).  Ce billet s’intitule « Fostering open source services » qu’on peut traduire par “Promouvoir les services open source”. Qu’y a t-il d’intéressant dans ce billet ?

La question à une inconnue : Comment financer un service “gratuit”?

Matt Cutts commence par rappeler que depuis l’avènement de l’informatique, le mouvement open source a accompli de grandes choses en créant pour chaque succès commercial un équivalent open source d’excellente qualité.

Qu’on pense à la suite bureautique Microsoft (Word, Excel, Powerpoint,…), on a aussi une suite bureautique open source comme LibreOffice.

Les systèmes d’exploitation ne sont pas en reste puisqu'à côté de systèmes commerciaux comme Windows, on a une distribution Linux open source comme Ubuntu.

Photoshop a aussi un équivalent open source comme Gimp et bien d’autres.

Si vous voulez avoir un aperçu d’équivalents open source classés par catégorie, visitez plutôt un site comme Framalibre qui vous oriente assez facilement.

Comme vous pouvez le constater, le mouvement open source ne s’est pas seulement limité à l’informatique personnelle mais a aussi envahi l’informatique professionnelle avec les logiciels métiers, les logiciels pour les entreprises.

Seulement, Matt Cutts pose la question de savoir où sont les équivalents open source  de Google, Facebook, Twitter ou encore Gmail ? Et pour mieux se faire comprendre, il fait recours à un schéma que nous allons reproduire :

Source :  Site web de Matt Cutts

D’après lui, on trouve facilement des équivalents « open source » des produits commerciaux. Mais quid des services open source ?

Bien sûr, il concède qu’on trouve  l’encyclopédie libre Wikipédia, ou Tor pour la protection de la vie privée, ou encore OpenStreetMap pour la mappemonde, concurrent de Google Maps. Mais ce n’est pas assez selon Matt Cutts, au regard des potentialités.

Comment expliquer ce décalage entre produits et services ?

Quatre (04) raisons à cela selon Matt Cutts :

  1. Support permanent contre support intermittent : Cela peut prendre du temps, d’une année à plusieurs années pour créer d’excellents produits comme Linux ou Firefox. Mais une fois créé, le produit peut être téléchargé et utilisé immédiatement. Il n’y a aucun coût supplémentaire ni pour le producteur, ni pour le consommateur. Peut-être le coût de la bande passante nécessaire pour le téléchargement. Une fois le produit disponible, cela peut prendre des mois, voire des années pour une mise à jour ou une nouvelle version, nouvelle version qui sera encore utilisée pendant un bon bout de temps. Ce qui n’est pas le cas des services qui peuvent changer chaque semaine et impliquent de ce fait un suivi permanent pour déterminer les priorités.
  2. Abus : Si vous téléchargez une copie de LibreOffice, vous pouvez écrire des choses désobligeantes là-dessus mais cela n’aurait pas d’impact sur LibreOffice, ni sur son développement. Mais votre utilisation d’un service peut surcharger les serveurs de l’opérateur (ou fournisseur de service). De même, vous pouvez détourner, par l’API du service, sa mission première en développant des services tiers malveillants. Lorsque c’est un produit, l’abus potentiel est généralement moins un problème que lorsque c’est un service.
  3. L’expérience utilisateur et la vitesse : Les produits n’ont pas à être parfaits. Un utilisateur peut choisir d’utiliser « Calc » de LibreOffice pour son option de conversion d’un tableau en PDF au lieu d’acheter la version professionnelle de Ms EXCEL. Mais l’expérience utilisateur et la vitesse importent, et les services « commerciaux » ont une forte incitation pour adresser correctement ces deux problèmes. Par exemple, il faut énormément de travail pour gagner quelques secondes en vitesse pour le chargement d’une page ou application web.
  4. Les modèles de financement : Matt Cutts estime que c’est la principale raison qui explique l’absence de services open source . Pour un produit fini « open source », on a juste besoin de financer la bande passante et peut être le site web du produit. Mais avec un service, vous avez un coût permanent à chaque sollicitation de votre API.

Le modèle de financement étant, selon l’auteur de l’article, le nœud gordien qui empêche le développement des services open source , il poursuit en envisageant quels peuvent être les sources de financement de ces services et à ce titre, il entrevoit cinq (05) sources :

  • Les annonces publicitaires, comme le font Google, Yahoo ou Facebook à l’heure actuelle,
  • Promesses de dons occasionnels, comme le fait l’encyclopédie en ligne Wikipedia,
  • Subventions, à l’exemple de certains sites d’organismes militants ou de défense d’une cause qui bénéficient de subventions de l’Etat, ou encore de services en ligne du gouvernement financés indirectement par nos impôts.
  • Abonnements, à l’exemple des journaux, quotidiens en ligne,
  • Micropaiements, comme les entreprises d’hébergement de sites qui vous proposent un tarif minime chaque mois.

Les annonces publicitaires semblent, selon Matt Cutts, moins appropriées puisque les utilisateurs ne l’aiment pas trop. Un passager clandestin peut exploiter le mécontentement des utilisateurs en reprenant votre service toiletté des publicités. Ce qui condamnera à terme ce service. Vous pouvez toujours prendre le chemin d’Automattic, qui offre du blogging gratuit à WordPress.com mais avec des annonces publicitaires injectées dans le blog. Si l’utilisateur ne veut plus d’annonces dans son blog, il peut souscrire à un abonnement annuel (48 US Dollars par an pour l’offre “Personnel” et 96 US Dollars par an pour l’offre “Premium”)..

Pour les promesses de dons occasionnels, on peut citer comme exemple Wikipédia qui a du succès avec cette stratégie.

Pour les subventions, Matt Cutts estime que c'est une excellente source…qui tarit après quelques années. Conséquemment, ce n'est pas une solution durable pour un service durable.

Pour les abonnements et les micropaiements, des initiatives existent mais aucune n'a acquis une généralité.

Néanmoins, la publicité reste toujours le modèle dominant. Wikipédia est l’arbre qui cache la forêt. Le succès de la stratégie de Wikipédia qui arrive à soutenir ses plus de 200 employés, milliers de serveurs, bande passante, maintenance, développement et projets grâce à leur campagne de collecte de fonds par don organisée chaque fin d'année ne doit pas faire oublier une  contrainte : il faut d'énormes efforts pour assurer une campagne de collecte de fonds.

Source : Évolution de la campagne de collecte des fonds de Wikipedia, 2007 – 2016, Statista.

Matt Cutts pose là un problème qui peut sembler particulier mais qui est en fait général et interpelle le mode de financement d’Internet.

La publicité est le modèle économique de base d’Internet. Peut-on alors avoir des services web gratuits sans publicités ?

La réponse connue à la question à une inconnue : La publicité est le modèle économique de base du web.

Les services du web sont financés pour une grande partie grâce à la publicité. Le site Web InternetActu a publié en novembre 2014 un article intitulé « Comment tuer la pub, ce péché originel de l’internet ? » qui faisait écho à la longue tribune publiée par Ethan Zuckerman pour le magazine The Atlantic dont le titre était « The Internet's Original Sin ». Etan Zuckerman y est revenu avec un autre article en Mars 2018, "This Is So Much Bigger Than Facebook", pour dénoncer les larmes de crocodile versées à la suite du problème "Cambridge Analytica" avec Facebook.

En gros, ces articles relevaient le fait que la publicité, étant devenue le modèle économique de base d'Internet, entraînaient de la part des entrepreneurs du web le même schéma : on construit une plateforme qui puisse attirer la plus large audience possible et ensuite, on cherche à monétiser cette base d'utilisateurs par un ciblage publicitaire de plus en plus poussé, afin de rentabiliser les investissements fournis pour supporter les contenus et les services en ligne.

Personne ne se plaindra du ciblage de nos intentions par Google (à travers nos recherches sur Internet), ni du ciblage de nos intérêts avec un filtrage démographique et même géographique de Facebook…

Pour avoir une idée, on peut observer la part des revenus publicitaires dans les revenus globaux de certains géants du web…

Prenons le cas de Google… Sur près de 109 milliards de revenus enregistrés en 2017, près de 95 milliards proviennent de revenus publicitaires…La publicité en ligne représente donc plus de 90 % des revenus de Google. Et ce taux était pareil les années précédentes.

Source : Évolution des revenus publicitaires de Google de 2001 à 2017, Statista.
Source : Évolution des revenus globaux de Google, de 2002 à 2017, Statista.

Vous croyez que cela concerne seulement Google? Facebook n'est pas en reste puisque la publicité représente près de 98% des revenus de Facebook...

Source : Revenus publicitaires sur les revenus globaux de Facebook, Statista.

Et que dire de Twitter? Près de 90% de revenus publicitaires sur les revenus globaux.

Source : Évolution des revenus publicitaires, Statista.

Et ce n'est pas près de s'arrêter comme on peut le voir avec l'évolution des revenus publicitaires sur Internet…

Source : Croissance des revenus publicitaires du web de 1996 à 2017, IAB

On voit bien que la publicité en ligne a bien résisté à la crise de 2008 et tout ce qui a suivi après.

La publicité en ligne propose autant, sinon plus d’avantages que la publicité traditionnelle (télévision, radio, presse,…etc). La principale différence en termes d’avantages que « vend » la publicité en ligne est le ciblage, du moins un ciblage plus personnalisé.

Et c'est ce qui explique qu'elle ai surpassé le canal traditionnel de la publicité qui était la télévision...

Source : Répartition des revenus publicitaires par média en 2017, IAB Internet Advertising Revenue Report.

C’est cet état qui soulève de plus en plus d’inquiétudes relatives à la vie privée. Comme formats d’annonces, on a des bannières, du texte et des médias interactifs.

Cela ne veut pas dire que d’autres modèles de financement n’existent pas. Je vais y revenir en fin d’article. Arrêtons nous un instant pour revenir aux fondamentaux : pourquoi le web a si facilement embrassé la publicité.

Doit-on condamner le choix de ce mode de financement ?

Il y a tellement d’amalgames avec la publicité qui a été accusé et rendu coupable de tant de maux ces dernières décennies, que j’ai été obligé de recourir au petit livre de Winston Fletcher, Advertising: A Very Short Introduction, publié aux OUP (Oxford University Press) en 2010 pour sortir du carcan habituel.

Il faut savoir que la publicité est une forme parmi d’autres de communication marketing, à l’instar du conditionnement d’un produit...Une belle bouteille, un emballage séduisant communique aussi.

D’autres formes de communication existent : les promotions, les catalogues, les sites web ou blogs, les placements de marques dans les films et les programmes télévisés, les vêtements, stylos, agendas, et autres biens avec placements de la marque, et même le décor intérieur d’un magasin par exemple!

Ce qu’il faut retenir d’intéressant du livre de William Fletcher est que la publicité est une communication payante dont le but est d’informer et/ou de persuader une ou plusieurs personnes.

Ainsi, une campagne de publicité peut se faire pour :

  • le lancement d’une nouvelle marque ou d’un nouveau produit dans une marque existante (extension de gamme de produits),
  • promouvoir l’amélioration ou le perfectionnement d’une marque existante,
  • attirer l’attention sur une marque pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler,
  • persuader ceux qui ont déjà entendu parler d’une marque de l’essayer, persuader les consommateurs actuels de l’utiliser encore, ou de l’utiliser de différentes façons, persuader une nouvelle cible du marché d’utiliser notre marque ou des détaillants de stocker nos produits,...etc.

Seulement, une campagne publicitaire ne se limite pas aux activités commerciales, à une marque ou à un produit, même si on y pense en premier quand on parle de publicité.

On n’y pense pas quand une campagne de dons est organisée par une association caritative, une levée de fonds pour soutenir la recherche de maladies rares, un don de sang pour soutenir la banque de sang ou encore une campagne de sensibilisation pour une maladie, pour la bonne conduite au volant, ou le racisme.

Donc la publicité est l’affaire de tous : entreprises, gouvernement, ONG, associations caritatives et autres. Ce sont les annonceurs, selon le jargon des professionnels.

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Répartition des annonceurs par secteurs d’activité. On voit bien que les entreprises de biens de consommation courante (FMCG, fast moving consumer goods) font plus de publicités, par rapport par exemple au secteur automobile ou au secteur de télécommunications. Source : Statista, 2016

Les médias sont un autre acteur de la publicité : lorsqu’une entreprise, un gouvernement, une ONG ou une association caritative veut communiquer, ils passent par les médias : journaux, magazines, radio, télévision, cinéma, affiches ou posters,  internet...etc.

Répartition des dépenses de publicité par média, pour 2017. Source : IAB.

Et le dernier acteur concerne les entreprises qui conçoivent ou produisent des campagnes de publicité : les agences de publicité.

Comme on peut le voir sur le graphe précédent, la publicité en ligne a pris le pas sur la publicité télévisée. Qu’est ce qui explique cette évolution ?

C’est très simple.

Nous avons dit plus haut que la publicité était avant tout un acte de communication, bien que payante. Pour communiquer, les annonceurs cherchent un espace où ils peuvent rencontrer la population qui correspond le mieux à leur marché cible. C’est ce que la télévision avait réussi jusqu’ici, en créant programmes et séries télévisées qui charriaient des “téléspectateurs” et en retour, en fonction du profilage des téléspectateurs et autres études d’impact, on pouvait proposer des espaces aux annonceurs pour leurs publicités.

Seulement, la télévision, la radio, les journaux, magazines et autres, médias traditionnels, ne sont les plus seuls canaux de diffusion des contenus. Internet a permis l’éclosion d’autres canaux et même modifié les usages de ces médias.

On ne lit plus, ne visionne plus, ne communique plus de la même façon.

Dans cet nouvel univers de concurrence des médias, les annonceurs prêtent attention à certains indicateurs pour l’allocation ou la répartition de leurs dépenses de publicité :

  • le temps passé par le marché cible devant chaque média : si votre marché cible est majoritairement les adolescents, il est plus judicieux pour vous de dépenser votre argent chez le média le plus consommé par ces adolescents.
  • le taux de pénétration de chaque média dans votre marché cible : si votre marché cible se répartit pour la grande partie entre 2 médias, cela vous interpelle sur la répartition de vos dépenses publicitaires.

Il est vrai que cette présentation n’est pas précise mais cette généralité n’a qu’un but pédagogique. Après, vous pouvez pousser plus loin vos lectures si vous voulez en savoir plus.

Il y a donc des sociétés, agences de publicité pour la plupart, qui mènent des recherches afin d’étudier le taux de pénétration de chaque média, le temps de consommation des médias, par tranche de population et lieu géographique donnés. Ceci afin de proposer des espaces publicitaires pour les annonceurs.

Mary Meeker dans son récent rapport “Internet Trends 2018” qui brosse comme son intitulé l’indique les tendances, présente un point très intéressant pour notre exposé à travers ce graphique :

Il s’agit du slide 96  du rapport. Que voit-on pour le cas des Etats-Unis? Qu’il existe déjà un déphasage entre le temps consommé des médias et les dépenses publicitaires à eux alloués.

Par exemple, la télévision reçoit 36% de dépenses publicitaires pour une audience relative de 36% par rapport à l’ensemble des médias. On passe de plus en plus de temps sur le mobile, nos téléphones et Smartphones, qui ne reçoivent que 26% de publicité avec une consommation de près de 29%. Ce qui pousse à une estimation d’un creux de près de 7 milliards US dollars d’espaces publicitaires à combler…

Et dans ce rapport, on voit plus bas au slide 97, un graphe tout aussi important qui nous montre la progression de la publicité “mobile” qui, de mon point de vue, est conforme aux usages actuels où nous passons le plus clair du temps connecté par nos mobiles que par l’ordinateur portable.

Les annonceurs allouent leurs fonds là où se trouve leur marché cible.

Prenons l’exemple de la FIFA avec la Coupe du Monde. Observez cette image tirée du site de la FIFA pour vendre l’événement aux sponsors.

Vous voyez bien que ce sont des cibles que la FIFA vend aux sponsors. Et vous remarquerez que ces sponsors vendent souvent des produits de grande consommation à couverture mondiale comme Coca-Cola ou Adidas, ou des produits qui touchent le genre masculin bien représenté parmi les fans de Football comme Gillette ou encore Heineken qui sponsorisent la Ligue des Champions.

ROLEX mène ses activités de sponsoring en étant montre officielle du tournoi de WINBLEDON. Etant une montre de luxe, elle doit allouer ses fonds publicitaires où elle estime trouver son marché cible.

Seulement, le marché cible n’est pas couvert par un seul média : il est dispersé entre plusieurs médias. De plus, les usages évoluent avec le temps et certains médias dominants finissent par perdre leur rang.

Qu’on pense aux médias avant l’arrivée d’Internet. Donc, nous observons une concurrence des médias pour la captation des revenus publicitaires. Et ainsi, chacun doit faire valoir ses arguments pour capter une part.

Le ciblage publicitaire est le résultat de la concurrence des médias

La publicité depuis son apparition a toujours été marquée par une interrogation, interrogation qui a entraîné nombre d’innovations.

Cette interrogation porte sur la mesure de l’efficacité de la publicité : Comment mesurer le surplus de ventes résultant d’une campagne publicitaire ? Est-ce que le niveau des ventes ainsi généré est suffisant pour couvrir les coûts d’une campagne publicitaire ?

En clair, et pour généraliser compte tenu du fait que la publicité ne se limite pas aux entreprises commerciales, est-ce que le message a atteint la cible et a entraîné le changement attendu de comportement ?

La publicité en ligne s’est démarqué en proposant un meilleur ciblage par rapport aux autres médias. Un ciblage par rapport aux critères géographiques (où vous habitez), linguistiques (la langue parlée), démographiques (votre âge, sexe), contextuels (ce que vous cherchez ou visionnez en ce moment), d’intérêt (occupation, style de vie, ce que vous aimez,…etc).

Chaque plateforme vous propose un affinage complet pour “choisir votre audience” et dixit  Facebook :

  • trouver les clients pertinents sur plusieurs appareils, notamment les ordinateurs, les mobiles et les tablettes ;diffuser des messages pertinents à des personnes spécifiques ;tirer le meilleur parti de vos dépenses publicitaires en atteignant uniquement les personnes qui comptent pour vous.

Le marché mondial de la publicité est vaste et la publicité en ligne continuera de surclasser les médias traditionnels...

Donc la concurrence sera rude dans les années à venir et tous les acteurs traditionnels du secteur de la publicité devront rivaliser d’imagination pour conserver leurs marges.

Quelles perspectives?

L’efficacité du ciblage a généré une controverse que le secteur de la publicité devra gérer au fur et à mesure que le temps passera : la protection de la vie privée (ce qui est appelé “privacy” dans la littérature anglo-saxonne).

Pourquoi cette controverse ?

Pour affiner au mieux le ciblage, la publicité en ligne a de plus en plus besoin de données personnelles, ce qui fait craindre naturellement des abus.

Seulement, les entreprises qui ont besoin de ces données personnelles ont toujours bénéficié du flou qui entoure la notion de vie privée. Bien que la protection de la vie privée soit mentionnée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme en son article 12 :

“Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.”

L’évolution technologique a beaucoup élargi son champ et son sens est plus confus que consensuel. Daniel J. SOLOVE, l’un des meilleurs experts sur ce concept, qui a publié nombre d’articles et de livres, reconnait que ce concept est confus et précise dans un de ses articles que

“Nobody can articulate what it means. (…) privacy suffers from “an embarrassment of meanings.” Privacy is far too vague a concept to guide adjudication and lawmaking (…)”

Personne ne peut articuler ce que cela signifie”…

Tout au plus, ce concept est articulé pour rappeler la démarcation qu’il y a entre la sphère publique et la sphère privée. Cela n’est pas amusant de trouver son dossier médical sur la place publique, au vu et su de tout le monde. Ou encore les conversations intimes avec sa compagne.

En clair, la protection de la vie privée s’articule sur le contrôle lié à la divulgation d’informations personnelles : Est-ce que vous avez le contrôle sur vos informations personnelles ? C’est tout l’enjeu et la justification de la déferlante médiatique observée à chaque fois qu’un géant d’Internet révise les conditions d’utilisation de ses services.

Lorsque vous surfez sur le web, les sites visités installent ce qu’on appelle un “cookie”, ou témoin de connexion. A partir de ce cookie, un identifiant vous est attribué et vous êtes suivi pendant toute votre session de navigation, et même après lorsque vous vous connectez à nouveau.

Les données ainsi générées sont exploitées pour un profilage. Les sites qui collectent ces données se défendent en affirmant que c’est pour améliorer la qualité du service en le personnalisant, que c’est pour votre sécurité pour mieux détecter et combattre les spams…

Illustrons ce point avec une dernière trouvaille qu’on appelle “retargeting” ou reciblage publicitaire.

Le retargeting  est une méthode de ciblage qui vise les personnes présentant un intérêt récent pour un produit ou une marque. Vous ouvrez un site de vente en ligne et vous cliquez sur un produit pour en voir les caractéristiques ou vous engagez la procédure d’achat et vous l’arrêtez avant la conclusion. Une fois le site de vente refermé, vous ouvrez un site d’informations et vous observez une bannière qui vous propose ce produit…

Prenons l’exemple des deux captures d’écran ci-dessous. Dans le cadre de la préparation d'un article sur la création d'une boutique en ligne pour le prochain lancement de mes formations SHOPIFY+ et BOUTIQUE+, je consulte le site web de Volusion, une solution d'e-commerce, pour des tests...

Plus tard, je consulte une page de Forbes pour lire quelques articles et je vois une bannière...

Donc les problématiques de protection de la vie privée se poseront avec acuité dans l’avenir. Qu’on pense au “droit à l’oubli” mis en place par l’Union Européenne avec Google au centre d’une bataille judiciaire qui a précédé son application.

Après la protection de la vie privée, nous avons une autre épine dans la progression du marché publicitaire en ligne : il s’agit du blocage publicitaire ou  “Ad blocking”.

L’Ad blocking”, ou blocage publicitaire s’est développé ces derniers temps sur le web.

De quoi s’agit ?

Vous installez juste une extension dans votre navigateur et il se charge de bloquer toutes les publicités des pages web que vous visitez. Néanmoins, il vous laisse le contrôle puisque vous pouvez afficher les publicités d’un site ou d’une page web si vous le voulez.

Adblock Plus est le chantre de ce mouvement et proclame près de 600 millions de téléchargement de son extension pour navigateurs.

La progression de cette option auprès des internautes a entraîné une crainte de plus en plus grande chez tous les acteurs du secteur de la publicité, surtout auprès des éditeurs de contenus qui ont des business models basés exclusivement sur la vente d’espaces publicitaires sur leurs sites web.

D’ailleurs, PageFair estime que nous avons déjà 615 millions d’internautes “ad block” dans le monde en 2017, une progression de 30% pour les 12 derniers mois. Cela inquiète puisqu'on estime à plus de 40 milliards de US dollars les perte en revenus pour les éditeurs de contenus compte tenu de ce blocage.

Même le secteur prometteur de la publicité en ligne, la publicité sur mobile n’est pas en laisse puisque Adblock a conçu justement un navigateur pour Smartphones et tablettes.

Ces différentes menaces poussent les concernés à une réflexion pour en sortir.

Google a commencé à lancer une piste avec un modèle de financement basé sur les contributions volontaires du web. Ce mécanisme est encore en phase d’expérimentation et un site dédié y est consacré.

Peut-on alors avoir des services open source sans publicités ? Peut-on inventer un modèle de financement qui permette de ne pas rentrer dans les rangs comme plusieurs autres fournisseurs actuels de services du web ?

Le système est simple, l’internaute choisit une contribution mensuelle et de là, il peut visiter les sites qui participent au programme. C’est comme un ticket d’entrée dont le montant est volontaire.

Bien que cette initiative soit louable, je rejoins Matt Cutts pour m’interroger sur la soutenabilité d’un tel modèle.

Il est vrai que Wikipédia est un indéniable succès pour le cas des contributions volontaires. Néanmoins, ce modèle n’est pas facilement reproductible.

Tant qu'on n'aura pas trouvé une parade pour arriver à un modèle de financement pour un service en ligne, tout le monde recourrera à la collecte de données pour offrir plus d'options de ciblage aux annonceurs.

Les plateformes se succèdent mais le modèle économique ne change pas. On crie aujourd"hui sur Google, Facebook et Twitter. Ce qu'on oublie de préciser, c'est que même les nouveaux font pareil : Pinterest, Instagram, Snapchat et autres.  Même les créateurs de contenu en ligne, les éditeurs de journaux ou de sites d'information s'abreuvent de revenus publicitaires.

Comprendre cela évite de plonger dans l'hypocrisie ambiante et d'apprécier la maxime qui énonce que tout ce qui est gratuit a un prix. Pour le moment, le prix, ce sont vos données... en attendant qu'un modèle économique viable pour les services en ligne soit trouvé.


'OUBLIEZ PAS :  nous avons aussi une palette de guides pour vous accompagner dans la mise en place de votre business en ligne :

  1. TOUT A GAGNER, RIEN A PERDRE, le livre fondateur de ce mouvement qui vous montre TOUT pour vous lancer,
  2. REVENU+, la version "cours vidéo" du livre,
  3. KAJABI+, pour tous ceux qui ont déjà un produit et souhaite juste avoir une solution technique pour vendre,
  4. BOUTIQUE+ pour ceux qui veulent lancer une boutique en ligne,
  5. SHOPIFY+ pour ceux qui exercent déjà un commerce physique et veulent ajouter un site web comme canal de vente,
  6. AMPLI+ si vous voulez juste partager vos idées, lancer un mouvement, une révolution ou assurer une présence en ligne,
  7. PODCAST+ pour ceux qui sont plus à l'aise devant le micro.

Si vous voulez vous même mettre en place votre site web, il y a des ressources gratuites que vous pouvez utiliser pour cela :

Si par contre, vous voulez tenter l'aventure, entreprendre sur le web sans passer par KAJABI ou PODIA, je vous conseille de lire :

Comme je le répète à tous les proentrepreneurs, Le réel pouvoir, c'est avoir plus d'options.

N'hésitez pas à vous lancer!