Nous continuons avec notre série sur la création d’une boutique en ligne.  La semaine passée, nous avons balayé les différentes solutions utiles pour la création d’une boutique. Nous sommes partis sur une base de 32 plateformes et après avoir appliqué l’un des critères importants qui est le prix et surtout la possibilité de test, nous sommes retombé  à 13 plateformes sélectionnées.

Les billets publiés dans cette série comportent :

Le rituel du rappel…

Je rappelle que j’avais arrêté quatre critères pour le choix de la plateforme : le prix, les fonctionnalités, la facilité d’utilisation et la qualité du service client.

La qualité du service client ne se juge qu’après une relation suivie. Le seul élément qu’on peut apprécier directement est la documentation du produit et les différents canaux établis pour la relation client (téléphone, mails, chat en ligne, …etc).

Par contre, pour les fonctionnalités et la facilité d’utilisation, les 2 autres critères, cela est facile compte tenu des périodes d’essai sans engagement offertes par les différentes solutions.

C’est donc à ces périodes d’essai que nous nous soumettrons dans le billet d’aujourd’hui qui, j’en suis sûr, sera découpé en plusieurs parties pour faciliter la lecture et la digestion.

Pourquoi cette prévision avant même d’avoir commencé les tests ?

Tout simplement parce que nous avons 13 plateformes à tester et à moins de singer les tests avec les tableaux remplis de critères et de notes, un test “réel” doit passer en revue de fond en comble une plateforme.

Ma méthode est simple : rendre vivant le test en associant l’écrit et le test au même moment, pour ne ni évacuer mes premières impressions, ni mes revirements. Retour au centre du sujet.

Les plateformes qui avaient été retenu pour les tests de fonctionnalités étaient les suivantes :

  1. Shopify
  2. BigCommerce
  3. Big Cartel
  4. Volusion
  5. Storenvy
  6. Cratejoy
  7. 3dcart
  8. Etsy
  9. Sellr
  10. LemonStand
  11. Create
  12. Squarespace
  13. et WixStores.

Pour ceux qui veulent les détails de la procédure qui nous a conduit à cette liste, retour à l’article “Créer une boutique en ligne : Comment vendre?”.

Nous allons parcourir les fonctionnalités de ces plateformes pendant les périodes d’essai offertes qui durent en moyenne 14 jours. Mais je n’aurai pas besoin de 14 jours car ce n’est pas un test en environnement de production.

Pour faire un test en environnement de production, il faut disposer d’un produit, ce que je n’ai pas pour le moment. J’aborderai la question du produit dans les semaines à venir et vous verrez mon cheminement jusqu’au choix d’un produit.

Mais avant d’y arriver aux tests, il faut savoir ce qu’on attend du test, ou de façon détournée, ce qu’on attend d’une solution d’e-commerce.

Qu’est ce que je gagne à souscrire à une solution comme Shopify, pour être sevré de 29 US dollars chaque mois ?

Le principe est simple : une solution d’e-commerce vous permet tout simplement de proposer un catalogue (liste de produits avec prix associés) à des clients pour leur permettre de passer des commandes.

Ça, c’est pour le principe.

Maintenant, l’application du principe varie entre les plateformes.

Pour y voir clair, nous allons aborder le fond et la forme dans l’application de ce principe. Commençons par le fond.

Le fond d’une solution d’e-commerce

Pour avoir un canevas sur les différentes fonctionnalités d’une solution d’e-commerce, j’ai dû balayer pendant des heures les sites web en passant par le moteur de recherche presque “naturel”, entendez Google.

La seule ressource en langue française intéressante pour le profane vient de Smile à travers la publication d’un livre blanc intitulé “e-Commerce open source”.

Ainsi, ce livre blanc selon Smile  “propose donc un panorama des solutions open source disponibles en matière de e-commerce. (…) une sélection des meilleurs outils, (…) les grands domaines de fonctionnalités, (…) pour chacun d’eux, comment se positionnent les outils sélectionnés.”

Mon intérêt pour ce livre blanc ne porte pas sur solutions open source disponibles mais sur les “grands domaines de fonctionnalités” présentés à l’intérieur.

A partir de ce livre blanc, on peut établir quatre domaines de fonctionnalités :

  • Le catalogue : Une solution d’e-commerce doit permettre de présenter vos produits avec les prix associés, d’y ajouter les photos ou vidéos, de les classer, regrouper, d’établir les types de produits, de faire des ventes incitatives (montée en gamme et ventes croisées ou additionnelles).
Tableau établi à partir de “E-Commerce : Le meilleur des solutions open source” par Smile

Illustrons cela avec une capture d’écran des fonctionnalités “annoncées” par Shopify. Je dis “annoncées” car la phase de test permettra d’évaluer le gap entre l’annonce et le réel.

Extrait du site web de Shopify
  • Le tunnel de vente :  une solution d’e-commerce doit faciliter la prise des commandes à partir du panier, la gestion des expéditions, des taxes et des moyens de paiements.
Tableau établi à partir de “E-Commerce : Le meilleur des solutions open source” par Smile

Illustrons encore avec une capture d’écran. Cela rend la présentation plus vivante.

Extrait du site web de Shopify

Vous observez que le regroupement des fonctionnalités par les éditeurs peut varier de note modèle de base, le modèle de Smile. Néanmoins, cette variation ne se situe qu’au niveau du regroupement car on retrouve presque toutes les fonctionnalités listées par Smile.

  • La gestion opérationnelle ou “Back Office” : Une solution e-commerce doit aussi vous permettre de gérer les opérations courantes, en “arrière plan”, comme les animations commerciales, les comptes, la facturation ou encore les mails de confirmation de réception des commandes des clients. Il vous aussi les statistiques pour une bonne gestion.
Tableau établi à partir de “E-Commerce : Le meilleur des solutions open source” par Smile

Illustration oblige.

Extrait du site web de Shopify
  • Et les interfaces externes : une solution e-commerce “ne se suffit pas” à lui même dans la mesure où elle n’offre pas le plus souvent toutes les fonctionnalités requises pour une gestion complète et pratique d’une boutique en ligne, comme par exemple la comptabilité. Donc, elle doit disposer de moyens d’interactions avec d’autres solutions qui proposent les fonctionnalités qu’elle ne dispose pas nativement.
Tableau établi à partir de “E-Commerce : Le meilleur des solutions open source” par Smile

Pour illustrer ce point, il faut noter que Shopify offre des “extensions” à sa plateforme, des applications soit payantes, soit gratuites, qui vous permettent d’ajouter des fonctionnalités non disponibles nativement. Il y a ainsi plus de 1000 extensions qui vont de la comptabilité à la gestion des stocks en passant par le support client.

Extrait du site web de Shopify

Au regard de ces fonctionnalités, vous pouvez mesurer l’étendue de ce qui attend un e-commerçant…C’est tout sauf facile le commerce! Mais la difficulté est l’élixir de tout entrepreneur qui se respecte.

Je dois ajouter que ces fonctionnalités ne sont pas exhaustives. On peut toujours contester le périmètre retenu pour ces fonctionnalités mais il fallait au moins un point de départ.

Nous avons maintenant un canevas, un point de départ pour évaluer le fond. Il nous faut aussi un canevas pour la forme.

La forme d’une solution d’e-commerce

Je retourne encore vers les moteurs de recherche et après moult balayages, je tombes sur une ressource qui comble mon besoin : eCommerce UX Design. S’il faut être précis, je serai obligé d’importer tout le site sur ce billet…

Il me faut trouver un moyen de ressortir les grandes lignes.

Pour faire simple, au delà de la richesse de ce site, je décide de me concentrer sur  deux (02) blocs importants : la page d’accueil et la page produit. Ce sont les deux principaux points d’atterrissage des internautes sur votre site d’e-commerce.

Je dois avouer qu’on ne peut évacuer la phase de “checkout”, la phase de règlement qui est très critique. Un petit hic peut décourager le client ou le pousser à se raviser au moment d’inscrire les numéros de sa carte bancaire.

De même que la phase de prise des commandes, le panier est aussi critique. Néanmoins, on n’arrive ni au panier, ni à la caisse si on n’a pas balayé l’accueil du site et/ou le produit. C’est pour cela que j’insiste sur l’importance de la page d’accueil et de la page produit.

Les grandes lignes ressorties pour la page d’accueil donnent ceci :

Tableau établi à partir des données disponibles à eCommerce UX Design

Nous allons aussi illustrer cela avec des captures d’écran. L’illustration est solide avec les meilleurs, Amazon et eBay. Commençons par Ebay.

On peut voir à l’en-tête de la page d’accueil les éléments notés dans le tableau comme les points d’accès au compte client (1), les promotions (2), le box de recherche (3), un accès au panier (4) ou encore le menu pour la navigation (5).

Un détour par Amazon :

On repère facilement sur cet en-tête de la page d’accueil d’Amazon un box de recherche (1), un menu pour la navigation (2), des promotions (3), un accès au compte client (4), une liste de souhaits (5) ou encore le panier (6).

Si vous parcourez d’autres sites de vente, vous verrez à une variation près tous ces éléments avec la possibilité de sélection d’une langue ou d’un pays, un numéro de téléphone pour le service client ou d’autres éléments. L’en-tête est un espace réduit et chaque site cherche à exploiter ce petit rectangle pour le maximum d’informations sans toutefois le rendre “touffu”.

Pour les pop-ups  à l’accueil des sites d’e-commerce, ils portent le plus souvent sur l’annonce de promotions (réductions de prix, remises ou jeux-concours). Cela peut aussi être associé à la collecte d’adresses mails.

Un pop-up de collecte d’adresses e-mail. par Groupon. L’objectif est de constituer une base de données pour les prochaines campagnes publicitaires.

Deux limites à ce tableau :

  • Le menu de navigation suppose qu’il y a une multitude de produits organisés en catégories ou regroupés selon des caractéristiques similaires. Pour une boutique qui n’a seul produit, ou au maximum deux (2) ou trois (3) produits, la page d’accueil présente le plus souvent le produit de façon complète, quitte à ce que la page produit liste en plus de cette présentation les caractéristiques techniques.
Illustration d’une page d’accueil avec un seul produit. La page d’accueil se confond avec la page produit. Le produit est présenté en détail à la page d’accueil.
  • Et la présentation des produits sur la page d’accueil : ce problème ne se pose pas, comme nous l’avons relevé dans le précédent point, lorsqu’on a un seul produit. On se contente de placer son produit à la page d’accueil. Mais lorsqu’on se retrouve avec des centaines de produits, il faut bien faire un choix pour occuper la partie centrale de la page d’accueil. Chaque boutique en ligne fait son choix. Soit vous adoptez une méthode sobre comme Amazon avec juste une partie avec défilement qui présente les nouveautés ou les récentes promotions, une partie pour l’accès au compte client, et une partie pour les boutiques thématiques.

De son côté, une boutique comme Cdiscount a fait le choix, après une partie de défilement qui présente soit les dernières sorties, soit les promotions actuelles, de découper sa page d’accueil en petits carrés où il est présenté pour chaque mini carré des différents produits aux prix abordables.

A travers cette présentation, on comprend mieux que Cdiscount cible les clients à la recherche de bonnes affaires.

Une capture d’écran de la page d’accueil de Cdiscount

Des variations de ce modèle existent et chaque boutique a son modèle.

Passons maintenant à la présentation de la page produit.

Pour la page produit, cela nous donne ceci :

Tableau établi à partir des données disponibles à eCommerce UX Design

On peut toujours recourir à Amazon ou eBay pour l’illustration.

On voit les images du produit et même une vidéo (1), le nom du produit avec des accroches comme la taille de la mémoire (64Go) et la couleur (2), Le fournisseur, la note, les commentaires et avis des clients (3), l’affichage claire du prix et la disponibilité du produit (4), les options du produit, notamment au niveau de la couleur et de la taille de la mémoire (5), les boutons de partage social (6), l’état du produit (neuf), le choix de la quantité et l’ajout au panier (7) et pour finir l’ajout à la liste de souhaits (8).

Si on parcoure les différentes pages produit, on ne retrouvera certainement pas la même structure au centimètre près dans la mesure où un autre  type de produit peut exiger l’ajout ou le retrait d’un point.

Par exemple, pour les vêtements, on ajoute toujours un critère “taille” au niveau des options du produit, parfois associé à un “Guide des tailles” car le client ne s’y connait pas dans les tailles, surtout que les normes varient. On a ainsi une taille “française”, “anglaise”, “européenne” pour différents tours de poitrine et tours de bustes.

Par contre, les produits électroniques et informatiques n’ont pas cette variation mais offre une large palettes de choix en terme d’options.

Il ne faut pas oublier que la présentation de la page de règlement doit être solide dans la mesure où un détail peut pousser le client à annuler toute la procédure de règlement, avec les fraudes en ligne qui amènent plusieurs clients à être très regardant sur le moindre détail.

Je note que les plateformes établies ont une longueur d’avance sur une simple boutique créée du  jour au lendemain. C’est un aspect fort qui pousse plusieurs commerçants à faire le choix de passer par Amazon ou eBay par exemple. Il est important que je contrôle ce point lors du test des plateformes. Il en est de même pour la présentation du panier.

En résumé…

Le canevas de test pour les différentes solutions de création d’une boutique en ligne est prête et pour résumer tout cela, je dois dire que nous allons tester le fond et la forme de ces solutions.

Pour le fond, on tiendra compte des fonctionnalités qu’offrent les treize (13) solutions sélectionnées, fonctionnalités au niveau du catalogue, du tunnel de vente, de la gestion opérationnelle et des interfaces externes.

Pour la forme, nous allons balayer les thèmes graphiques proposées à travers la page d’accueil et la page produit, ainsi que le déroulement de la phase de prise des commandes (panier) et la phase de règlement (checkout).

A travers cette démarche de test sans concessions, ni attachements, ni préférences, je ferais le choix de la plateforme qui soutiendra mon projet de création d’une boutique en ligne.

Deux observations personnelles extrêmement importantes avant qu’on ne se sépare :

  • Les textes publiés dans cette série “Créer Une Boutique” ne font l’objet d’aucun scénario, ni travail d’édition. Ils sont écrit “à la volée”. Donc au fur et à mesure que j’avance dans la réflexion et l’action pour cette expérience de création d’une boutique en ligne, je mets parallèlement sur écrit tout ce qui me vient à l’esprit. Je l’ai voulu ainsi pour le rendre plus naturel et peut-être relire tous ces billets après pour en tirer des enseignements.
  • Une critique sera sûrement portée à tous les billets liés à ces tests dans la mesure où le lecteur astucieux verra sûrement le choix de Shopify pour ma formation BOUTIQUE+ et se dira que je vais forcément arriver à ce choix. Soit. Cet argument est recevable. Néanmoins, à décharge, j’aimerai préciser que BOUTIQUE+ vous présente aussi la création d'une boutique en ligne avec BigCommerce....

Voilà pour ce que les anglo-saxons appellent “disclosure”, la divulgation de possibles confits d’intérêts.

Dans tous les cas, l’application de mon canevas de test pour les différentes solutions d’e-commerce sera suffisamment documentée pour laisser le champ à toute appréciation ou critique.

Pour rappel, les plateformes retenues pour les tests sont les suivantes :

  1. Shopify
  2. BigCommerce
  3. Big Cartel
  4. Volusion
  5. Storenvy
  6. Cratejoy
  7. 3dcart
  8. Etsy
  9. Sellr
  10. LemonStand
  11. Create
  12. Squarespace
  13. et WixStores.

Un billet sera consacré pour chaque test. Ce qui fera donc treize (13) publications.

Je vais donc suivre l’ordre de ce listing. Commençons par Shopify, pour la prochaine publication.

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